LES ALLERGIES SAISONNIERES

Les allergies saisonnières empoisonnent l'existence de nombreux Canadiens. Un jeune adulte sur quatre en souffrira au cours de sa vie et les symptômes persisteront chez 15 % de la population, rien de moins.

Les symptômes des allergies saisonnières

Si vous êtes atteints d'allergies saisonnières (de rhinite), vous connaissez certainement les symptômes désagréables qui s'y rattachent : nez qui coule, yeux qui piquent, éternuements. Dans les cas les plus sérieux, la victime aura les yeux rouges et enflés. Certains développeront une infection des sinus et des oreilles. Dans les pires cas, les allergies saisonnières peuvent être à l'origine de bronchites et d'asthme chroniques.

Dans la majorité des cas, vous êtes aux prises avec une réaction au pollen. En présence de cette substance en suspension dans l'air, votre système immunitaire devient hypersensible et tente de combattre l'élément agresseur en développant des anticorps. C'est à ce moment qu'apparaissent les symptômes. 

Chez certaines personnes, une protéine végétale peut également provoquer une réaction allergique, même en l'absence de pollen.

Les trois périodes d'allergies saisonnières

Au Québec, les allergies saisonnières se manifestent durant trois périodes. Au début du printemps, le pollen qui se dégage des arbustes et des arbres, principalement l'érable, le bouleau, le peuplier et le chêne, entraîne une réaction allergène. Ce pollen voyage dans l'air généralement en avril ou en mai, parfois jusqu'au début juin dans certains secteurs plus nordiques de la province. Votre nez coulera en abondance.

Un printemps chaud et sec limite toutefois la durée de l'inconfort attribuable à cette allergie. La plus connue des allergies saisonnières, le rhume des foins (ou rhinite allergique) dure généralement de juin à octobre, avec des sommets en juin et juillet (selon les secteurs). Les graminées (de la famille des Miscanthus et des Panicum, notamment; les céréales et de nombreuses plantes ornementales) en sont principalement responsables.

Ironiquement, de nombreuses graminées décoratives gagnent en popularité chez les jardiniers en herbe et les paysagistes. Pis encore, le ministère des Transports a réalisé une étude sur l'utilisation des graminées comme brise-vent végétal. Voilà de quoi augmenter les ventes de papiers-mouchoirs! 

Enfin, de juin à septembre, l'herbe à poux et le gazon sont aussi responsables de vos allergies. D'ailleurs, trois personnes sur quatre, allergiques au pollen des graminées, seront affectées par l'herbe à poux. Toutefois, certaines développeront une allergie à un seul pollen, celui de l'herbe à poux ou de l'érable, par exemple.

Prévenir les allergies saisonnières

Il est possible de prévenir ces inconfortables allergies saisonnières en observant quelques règles toutes simples.

- Le pollen se dissipe principalement entre huit heures et midi. Autant que faire se peut, évitez de mettre le nez dehors au cours de cette période.

- Le pollen voyage surtout lors de journées sèches et venteuses. Limitez la durée de vos sorties ces jours-là. Si vous devez absolument sortir, faites-le tôt le matin ou tard le soir.

- Essayez de vous tenir loin des arbres porteurs de pollen.

- Faites un effort particulier pour contrôler l'herbe à poux, sur votre terrain et dans votre voisinage. Demandez l'aide de vos voisins, au besoin.

- Évitez de sortir lorsque votre conjoint, votre adolescent ou votre voisin tond la pelouse.

- En haute saison allergique, fermez les fenêtres de votre résidence.

- Utilisez un climatiseur à la maison ou dans l'auto.

- Portez des lunettes fumées si vos yeux sont affectés.

- Lavez vos mains fréquemment.

- Lavez vos cheveux tous les jours. Ils retiennent le pollen.

- Privilégiez la sécheuse à la corde à linge, si vous êtes allergiques.

- Sortez dehors après une pluie. Le pollen reste généralement au sol.

Soulager les allergies saisonnières

Heureusement, il existe divers traitements et produits pour réduire, voire annihiler, les symptômes des allergies saisonnières. Vous devrez toutefois débourser quelques dollars.

Les antihistaminiques

Chez certains, la prise d'antihistaminiques est efficace. Ces produits, en vente libre dans les pharmacies, bloquent la production d'histamine, cette substance qui provoque les symptômes d'allergies. Tous apportent un soulagement chez la plupart des victimes de rhinite allergique.

Les décongestionnants

Combinés à la prise d'antihistaminiques, les décongestionnants en sirop, en comprimés ou en vaporisateurs, diminuent l'enflure nasale qui accompagne les réactions allergiques. Toutefois, ces produits peuvent provoquer une rhinite de rebond - une tolérance au médicament - qui sera tout aussi désagréable. Évitez donc de consommer ces produits plus de trois jours consécutifs.

Corticostéroïdes nasaux

Si les médicaments en vente libre sont inefficaces, vous êtes vraisemblablement atteints de rhinite apériodique. Vous devrez consulter un professionnel de la santé. Ce dernier vous prescrira des corticostéroïdes nasaux. Ces produits, injectés par vaporisation directement dans le nez, bloquent la réaction allergique. Ils peuvent toutefois irriter la muqueuse.

Antidégranulants

Enfin, les antidégranulants offerts en aérosol ou en gouttes pour les yeux empêchent la libération d'histamine responsable de la réaction allergène.

La désensibilisation aux allergies saisonnières

Vous êtes patients? Envisagez alors un traitement de désensibilisation. Un professionnel de la santé vous injectera des doses croissantes de substances allergènes. Plusieurs études confirment l'efficacité de ce traitement chez une personne sur deux. Toutefois, il vous faudra y consacrer de trois à cinq ans.

Chirurgie

Il est également possible de réduire les symptômes d'allergies saisonnières en ayant recours à la chirurgie. Le spécialiste corrigera alors une déviation de la cloison nasale, enlèvera des polypes des fosses nasales (semblables à de minuscules grappes de raisins blancs). Il drainera également les sinus.

L'acupuncture

Si vous songez à l'acupuncture, sachez que les études cliniques se contredisent. Une d'elles, réalisée sur 40 personnes, n'a permis aucun résultat significatif alors qu'une autre, sur 52 « cobayes » a permis d'atténuer les symptômes allergiques.

D'autres solutions

Vous préférez les médecines douces? Un traitement au Pétasite (Petasites hybridus) - une plante herbacée vivace de la famille des Astéracées - a donné de bons résultats lors d'une étude clinique en Suisse. Un traitement homéopathique à base de Galphimia glauca semble encourageant.

Parallèlement, la quercétine (un flavonoïde présent chez les plantes) pourrait atténuer les réactions inflammatoires de la rhinite allergique. Des études cliniques sont en cours.

Des extraits lyophilisés d'ortie, la consommation de pollen d'abeille produit localement, l'hypnothérapie, le Jie Min Tang (une décoction chinoise), voire des techniques de relaxation, si l'allergie est influencée par un degré élevé de stress, apporteraient également un soulagement aux personnes atteintes.

Inconfortables, les allergies saisonnières peuvent toutefois être soulagées. À vous maintenant de prendre les moyens pour vous sentir mieux. 

- « Atchoum! »
- « À vos souhaits... »


 


Henri Michaud, rédacteur Canal Vie